Les premiers manuscrits coraniques et leur transmission

L’histoire matérielle du Coran repose notamment sur l’étude des manuscrits anciens, des inscriptions et des traditions relatives à la transmission du texte. Les premiers témoins écrits conservés permettent d’observer l’évolution des pratiques de copie dans les débuts de l’histoire islamique.

Certains fragments coraniques, copiés sur parchemin, remontent aux premières générations musulmanes. Leur datation mobilise plusieurs méthodes : analyse de l’écriture, examen du support, comparaison des variantes et, dans certains cas, datation radiocarbone du parchemin. Cette dernière indique l’âge probable de la matière, sans fixer à elle seule le moment exact de l’écriture.

Les manuscrits les plus anciens présentent souvent une graphie arabe différente des éditions actuelles. Les signes vocaliques et les points permettant de distinguer certaines consonnes y sont parfois absents ou employés de manière variable.

Les traditions musulmanes associent une étape importante de la mise en forme du texte au califat d’Othman, au milieu du VIIe siècle. Les chercheurs étudient cette mémoire en la confrontant aux témoins matériels disponibles et à leur diversité.

Ces documents ne sont pas seulement des objets religieux : ils constituent aussi des sources majeures pour l’histoire de l’écriture arabe, de la fabrication du livre et des circulations intellectuelles dans les premiers siècles de l’islam.